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blog bd sur la présidentielle 2007 et regard humoristique sur la campagne

26 décembre 2005

Lettres de mon chateau : 3 - signé Line Renaud

Pour en savoir plus sur les lettres de mon chateau de Sarkozy (alias Mazarin)

Monsieur le Président de la République, Mon grand Jacques,

Je t'écris de la maison de Rueil, que tu connais si bien. Je suis seule sur ma pelouse, cuisant à petit feu sous ce soleil torride. J'ai ce maillot une pièce bleu pour lequel tu m'as si souvent complimentée. Tu me disais toujours que cela te faisait venir des pensées païennes. Je sais que tu me flattais, mais encore aujourd'hui j'en rougis de plaisir. Loulou et toi avez les mêmes goûts. Pauvre Loulou ! Lui aussi l'aimait mon maillot une pièce bleu. Rien que de penser à lui, je pleure. Quand je pense que le bon Dieu ne lui a pas permis de voir où tu es maintenant que tu y es, je pleure à nouveau. Ah ! zut ! Voilà que mes larmes tombent sur mon beau papier à lettre senteur vanille. J'ai choisi la vanille, car je sais que tu aimes par-dessus tout ton département d'outre mer. Cela te rappellera le bon temps. Ne montre pas cette lettre à Bernadette, elle m'arracherait les yeux. Donc le papier gondole, ce sont mes larmes, ce sont mes larmes, mon cher Jacques. J'espère qu'ainsi tu garderas ma lettre plus proche de ton cœur. Et puis, tu sais, te savoir là où tu es, j'en suis encore tout émotionnée. Tiens, l'autre jour, je présidais un grand gala contre le sida. Tu sais bien que je m'occupe de la lutte contre le sida. J'ai été la première à le faire ! Personne n'y avait pensé ayant moi, pas même ces prétendus chercheurs. Heureusement, je te le dis, que j'étais là pour les pousser tous ces fainéants. Je te le disais... Ah ! où en étais-je ? Ah ! oui ! je présidais un grand dîner de gala quand tout d'un coup, je ne sais ce qui m’a pris, j'ai pensé à toi, où tu es maintenant. J’en ai hoqueté d’émotion. C'est la première fois que je suis si émotionnée Je ne pouvais plus  sortir un mot. Pas un souffle. Rien ! Tu te rends compte ? Moi, muette, un comble ! Les gens n'ont sont pas revenus. Il y a même ce grossier de Guy Bedos qui a hurlé de la salle que cela faisait du bien. Tiens, qu'a-t-il voulu dire à ton avis ? Trouves-tu que je parle trop ? Si vraiment c'était le cas, tu me le dirais, toi qui a toujours été si franc avec moi. Je pense sincèrement que, quand je serai vieille, il faudra que je me surveille. Tu me diras que j'ai encore le temps, mais tu sais, vingt ou vingt-cinq ans, cela passe vite. La retraite, on doit la préparer psychologiquement sinon on est bien vite pris au dépourvu.

Si tu savais comme je me sens encore jeune ! Et d'ailleurs, le soir de ton élection, mon cœur battait au diapason de tous ces jeunes qui faisaient la fête à leur Concorde. Ils étaient comme mes enfants, ou plutôt j'étais comme leur sœur aînée. Tiens ! J'ai fait une folie, j'ai voulu leur faire plaisir. Je me suis rendue place de la Concorde et j'ai été danser avec eux toute la nuit. Je ne sais pourquoi, quand je leur ai proposé de chanter «Ma cabane au Canada », ils ont préféré que l'on se baigne dans le bassin. Heureusement que je suis prévoyante. Devine quoi ? J'avais sous ma robe, tu sais celle que tu adores, rose, moulante, avec un liseré jaune autour des bretelles et un adorable frou-frou dans le bas, j'avais donc ce maillot de bain une pièce dont je t'ai entretenu plus haut. Les jeunes aussi ont aimé. J espère que je n’ai pas fait de gaffe, j'ai dit que c’était toi qui me l'avais offert lors du voyage que nous avions fait à Los Angeles chez Gregory Peck.

Maintenant que tu es président, je veux te faire un honneur. Je veux tout connaître des usages et des manières. Tu côtoies le grand monde, je le côtoierai aussi. Il faut bien que je m’y fasse ! J’ai donc décidé de m’abonner à « Point de vue Images du monde ». Il n’y a aucune raison, moi qui suis du métier, que je n’arrive pas à faire comme elles, toutes ces princesses. Bien sûr, pour la révérence, il ne faut pas que j’abuse. Je te vois venir, insolent, je n’ai pas l’âge du tout ! Ce sont les rhumatismes. Oui, parfaitement. Ca remonte bien plus loin que tu ne le crois, mes rhumatismes. Déjà, lorsque j’habitais Armentières et que j’étais petite, j’avais du mal à plier les genoux. Eh bien, voilà, c’est rare que la mécanique, ça s’arrange avec le temps. Lever la jambe a toujours été plus facile pour moi que de la plier. Ce pauvre Loulou me disait toujours que c’était une question de caractère et qu’il ne fallait pas que je m’en fasse.

Mon grand Jacques, je suis mortifiée, ce goujat de Frédéric Mitterrand m’a dit que tu ne voudrais plus me voir, que même tu avais honte. L’imbécile, on se demande de quoi ! Depuis qu’il te soutient, c’est à dire depuis si peu de temps, il se trimballe toujours avec une casquette ridicule et pense que ça fait peuple. Je n’ai jamais vu quelqu’un à qui la galure va si mal. Ah ! ma foi, si tu l’avais vu, Loulou, il y a quarante ans avec son chapeau Borsalino au volant de notre traction 11, tu aurais vu ce que s’était un homme, un vrai. Où en étais-je ? Je ne sais pourquoi, mais j’ai du mal à ordonner mes idées. Remarque, moi, j’en ai des idées. Tout le monde ne peut en dire autant. J’ai bien envie de te parler de l’abominable Toubon, qui n’aime rien de ce que je fais. D’ailleurs, il n’aime pas Philippe Clay non plus. Mais tu te rends comptes : ne pas aimer Philippe., comment est-ce possible ? Je t’ai dit que j’étais mortifiée, oui, mais de quoi ? Ah ! ça y est, j’ai retrouvé ! Non seulement tu ne m’as pas invitée à la passation de pouvoirs avec François Mitterrand. C’était une occasion manquée, car au travers de ma personne, c’est tout l’art et la culture qui auraient été représentés et honorés ; mais en plus, pas une fois tu ne m’as invitée à souper à l’Elysée. Si tu savais ce que ça me manque ! Quand tu le feras, je te demande de le faire grand jeu. Je veux qu’un motard de la garde républicaine vienne jusqu’à Rueil. Tu me préviendras pour que je puisse alerter mes voisins. Ce sont des jaloux et des prétentieux avec des noms à rallonge. Eux non plus ne m’ont jamais invitée. Mais, fais-moi plaisir, sur le carton d’invitation, j’aimerais que tu fasses écrire « Line Renaud de Rueil-Malmaison ». J’ai vu que ça se fait en Angleterre et même en Belgique. Tu te rends compte de ce que les Belges peuvent faire ! Tu peux bien te le permettre, Loulou aurait été si fier, « Line Renaud de Rueil-Malmaison ». On dirait sur sur-mesure. Ce n’est pas Régine à qui une nouvelle comme celle-là pourrait arriver. D’ailleurs, une rousse avec du sang bleu, cela n’irait pas du tout. Tandis qu’une blonde platine comme moi, du sur-mesure, Je te l’affirme !

 

Ah ! que je n’oublie pas ! Claude m’a téléphoné. Elle me raconte tout. Elle m’a mis en alerte. Cela recommence, ton cœur d’artichaut est de nouveau prêt à pardonner. Tu as grand tort. Ils t’ont fait trop de mal. Il y en a quatre que je ne peux souffrir. Le pompon, c’est Balladur ! Je suis certaine qu’il n’a jamais mis les pieds dans un cabaret. Tu te rends compte ! Dans ces conditions, qu’est-ce qu’ils peuvent bien comprendre à la vie ? Quant à l’ignoble Sarkozy, laisse-le croupir là où il se trouve. Tu devrais même augmenter une deuxième fois l’ISF, rien que pour punir ces crétins de Neuilly d’avoir voté pour lui. Je t’en prie, reste entouré de tes fidèles de ta première heure, ta famille et moi-même. Méfie–toi de Goudard et de Pilhan. Ce sont des hommes de la publicité. Ils n’aiment que les choses à la mode. Ils ne comprennent absolument rien au reste. Ils ne respectent rien. Aucune des vraies valeurs. Quand tu penses que pas un de ces deux-là n’a trouvé le temps de venir voir mon dernier spectacle au Casino de Paris… Des goujats, que je te dis. Il n’y a rien à en tirer. Je m’inquiète car je sais qu’il t’arrive d’être sensible à ce genre de tralala. Déjà en 87, tu as voulu me trahir avec Madonna. Je me demande encore ce que tu pouvais bien lui trouver à celle-ci. Je ne peux me faire à l’idée que c’est une histoire de petite culotte.

Ah ! si j’osais ! je te dirais bien une dernière chose, mais j‘ai tellement peur que tu te moques de moi, ou pire que tu trouves que je suis devenue aussi prétentieuse que Pascal Sevran. J’aime mieux te prévenir que je ne le supporterai pas. Il faut voir comment il minaudait, celui-là, quand il côtoyait son président. Moi, moi, je ne serai jamais ainsi avec le mien de président. Moi, je ne suis pas le genre courtisane qui demande toujours quelque chose. En revanche, c’est vrai, j’ais des idées et si elles sont bonnes je ne vois par pourquoi tu ne les prendrais pas. Allez, je me jette à l’eau , la voilà, mon idée, je préfère te prévenir qu’elle fera du bruit, mais elle peut te rapporter gros, comme me dit mon boucher à Rueil. Ce sont les jeunes qui seront contents et les artistes encore plus, mais pas simplement les artistes français, ceux du monde entier. Je pense que même les militants socialistes et communistes, oui, Monsieur, communistes, s’il vous plait, seront heureux. Quant à ceux du RPR, tu n’imagines pas ce qu’ils seront fiers. Bien sûr ces snobs d’UDF, je n’en suis pas certaine. Encore qu’on peut être snob et avoir du goût. Bon, je ne vais pas te faire languir davantage. Je sens bien que tu brûles de la connaître ; mon idée. Eh bien, voilà : la prochaine Marianne, ça devrait être moi ! Oui, moi, Line Renaud de Rueil-Malmaison ! J’ai le port altier, la poitrine avantageuse, la courbure des reins assez marquée, et surtout la classe ! Oui, la classe ! Je n’en ai d’ailleurs absolument aucun mérite. Nous sommes d’ailleurs quelques-unes comme cela. C’est de naissance : Marlène, Lova Moor et moi. ! Mais, moi, c’est mieux, forcément, je suis plus connue. Oh ! mon dieu ! j’ai hâte de savoir ce que tu en penses. Je suis certaine que cela va te plaire. Tu n’y avais pas pensé, hein ? Eh bien, les véritables amis, comme moi, ça sert à ça : trouver l’introuvable. Et puis, mon grand Jacques, si tu savais combien j’en ai encore des idées pour toi. J’ai hâte de te lire. J’étouffe de ne plus t’entendre,

Ta Line.  
 

Réponse de Christine Albanel, conseiller technique, à Line Renaud

Chère Madame.

Le président de la République a bien reçu votre courrier. Il m'a chargée de vous en remercier: Vos différentes propositions sont intéressantes et méritent un examen particulièrement attentif. Je ne vous cache pas cependant que s'agissant de la Marianne à votre effigie, cette initiative, pour sympathique qu'elle soit risque de se heurter à de très nombreuses difficultés juridiques. Le prési­dent de la République envisage de consulter le conseil constitutionnel afin de voir précisément la suite qu'il conviendra de réserver a votre demande Je suis certaine que dans les mois et les années qui viennent, le président de la République ne manquera pas de vous convier à l'une des réceptions habituelles de l’Elysée. Je vous prie de croire, chère Madame, en l’assurance de mes sentiments respectueux et distingués.

Posté par acidtest à 00:42 - Quand Sarko était marrant... - Commentaires [0] - Permalien [#]

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